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Traçabilité RED II : ce que votre fournisseur d'intrants doit vous fournir

C'est une question qui arrive tard, souvent trop tard : au moment de l'audit. L'exploitant a ses bons de livraison, il a ses analyses, il a même le nom de la brasserie qui lui fournit ses drêches. Et pourtant le lot ne passe pas, parce qu'il manque le maillon d'avant.

La traçabilité RED II ne se reconstitue pas rétroactivement. Elle se transmet, livraison après livraison, ou elle n'existe pas. Voici comment elle fonctionne concrètement, et ce que vous devriez exiger de vos fournisseurs.

Ce que dit la directive, en une minute

La directive européenne RED II fixe des critères de durabilité à la biomasse utilisée pour produire de l'énergie renouvelable. L'idée de fond est simple : une énergie n'est pas renouvelable par nature, elle l'est par sa matière première et par la façon dont celle-ci a été produite.

Pour qu'un biométhane soit reconnu comme durable, il faut donc pouvoir remonter la chaîne : d'où vient la matière, de quel procédé elle est issue, et quel est son statut au regard des critères européens.

La démonstration passe par des schémas volontaires reconnus par la Commission, avec un principe de chaîne de custody : chaque opérateur de la chaîne doit être certifié et transmettre l'information au suivant. Un maillon non certifié casse la chaîne pour tous ceux qui viennent après.

Le malentendu le plus coûteux

Beaucoup d'exploitants pensent que conserver leurs bons de livraison suffit. Un bon de livraison prouve qu'une matière est arrivée sur le site, avec un poids et une date. Il ne dit rien de son statut de durabilité.

La différence est celle-ci :

  • Un bon de livraison atteste d'une transaction.
  • Une traçabilité durabilité atteste que la matière répond aux critères, et que celui qui vous la vend est lui-même en mesure de le certifier.

Le premier, vous l'avez toujours. Le second, seulement si votre fournisseur est certifié.

Les trois questions à poser à un fournisseur d'intrants

Avant de référencer un nouveau gisement, trois questions suffisent à savoir où vous mettez les pieds.

1. « Êtes-vous certifié, et sous quel schéma ? »

La réponse est oui ou non. S'il faut trois échanges pour l'obtenir, c'est déjà une réponse. Demandez le nom du schéma et le numéro de certificat : ils sont vérifiables publiquement.

2. « Qu'est-ce qui accompagne la livraison ? »

Un fournisseur certifié sait répondre précisément : quel document, sous quel format, à quel moment. Un fournisseur qui répond « on vous enverra ce qu'il faut » n'a pas le processus.

3. « D'où vient exactement la matière ? »

« Une brasserie de la région » n'est pas une origine. Le site producteur doit être identifié et référencé. C'est aussi ce qui vous protège sur la qualité : un gisement identifié est un gisement dont on connaît la régularité et les dérives possibles.

Le cas particulier des coproduits oléagineux

Les huiles et coproduits de la filière oléagineuse méritent une attention séparée. Certains relèvent de l'annexe IX de la directive, une liste de matières premières — déchets et résidus — qui bénéficient d'une valorisation renforcée.

C'est une opportunité réelle, mais elle est entièrement conditionnée à la preuve. Sans traçabilité démontrant l'origine et le statut de la matière, le classement en annexe IX ne peut pas être revendiqué. Vous aurez acheté la matière sans acheter son avantage.

Ce que ça change dans la négociation

Un intrant tracé et un intrant non tracé ne sont pas le même produit, même si l'analyse est identique. Le second vous transfère une charge administrative et un risque d'audit.

Quand vous comparez deux offres, le prix à la tonne ne suffit donc pas. Reformulez la comparaison ainsi : combien me coûte cette tonne, traçabilité et livraison comprises, une fois rendue sur mon site ? C'est souvent à ce moment que l'écart apparent s'inverse.

Et si vous êtes en cogénération ?

Les critères de durabilité ne s'appliquent pas de la même façon selon votre voie de valorisation. Si vous êtes en cogénération aujourd'hui, l'enjeu est moins immédiat.

Deux raisons de s'en préoccuper quand même : la traçabilité amont reste utile pour vos contrôles ICPE, et surtout, un passage à l'injection plus tard se prépare en amont. Les fournisseurs que vous référencez aujourd'hui sont ceux avec qui vous travaillerez demain.

Chez Methappro

Nous sommes certifiés RED II. La traçabilité durabilité du lot est transmise avec la livraison, sans que vous ayez à la demander, et l'origine du gisement est documentée en amont chez le producteur.

C'est notre rôle de négociant : ce travail-là se fait une fois chez nous, pas cinquante fois chez chacun de nos clients.

Pour connaître les gisements disponibles près de chez vous et le prix rendu sur site : 01 84 80 65 91, du lundi au vendredi de 9h à 19h, ou consultez notre page dédiée à la certification RED II.

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