La pulpe de betterave est l'un des coproduits les plus appréciés en méthanisation. Sous-produit de l'industrie sucrière, riche en matière organique facilement fermentescible, elle offre un bon potentiel méthanogène et se conserve bien par ensilage. Ce guide complet couvre ses caractéristiques, son potentiel BMP, son stockage, son incorporation et les bons réflexes d'achat.
Qu'est-ce que la pulpe de betterave ?
La pulpe de betterave est le résidu fibreux obtenu après extraction du sucre des betterave sucrières. On la rencontre sous plusieurs formes :
- Pulpe surpressée (humide, environ 22 à 28 % de matière sèche) : la forme la plus courante en méthanisation, qui s'ensile très bien.
- Pulpe humide sortie d'usine (matière sèche plus faible) : à valoriser rapidement ou à ensiler.
- Pulpe déshydratée (en pellets, > 88 % MS) : plus concentrée, plus chère, surtout utilisée en alimentation animale.
Pour la méthanisation, c'est la pulpe surpressée ensilée qui présente le meilleur compromis logistique/coût/rendement.
Pourquoi c'est un bon intrant
- Dégradabilité élevée : riche en sucres résiduels et en fibres facilement hydrolysables, elle produit du biogaz rapidement.
- Cinétique favorable : montée en charge rapide, utile pour stabiliser une ration.
- Conservation : elle s'ensile très bien, ce qui permet un approvisionnement annuel à partir de la campagne sucrière (automne–hiver).
- Disponibilité régionale : dans les bassins betteraviers, c'est un coproduit local, cohérent avec une logique d'économie circulaire et de proximité.
Potentiel méthanogène (BMP) : ordres de grandeur
Le potentiel méthanogène (test BMP) s'exprime en Nm³ de méthane par tonne, rapporté à la matière brute (MB), à la matière sèche (MS) ou à la matière organique/volatile (MO/MV). À titre de repère, la betterave sucrière entière se situe autour de 357 m³ CH4/t MO et ≈ 79 m³ CH4/t MB (source ARVALIS / fiches substrats). La pulpe, plus pauvre en sucre que la racine entière, présente des valeurs un peu inférieures à la racine entière mais reste un excellent substrat.
| Substrat | Matière sèche (MS) | Potentiel indicatif (Nm³ CH4/t MB) | Remarque |
|---|---|---|---|
| Betterave sucrière entière | ~ 22–24 % | ~ 79 | Référence racine entière |
| Pulpe surpressée ensilée | ~ 22–28 % | ordre de grandeur : ~ 55–85* | Forme courante en méthanisation |
| Pulpe déshydratée (pellets) | > 88 % | élevé rapporté à la MB (forte MS)* | Plus concentrée, plus coûteuse |
*Valeurs indicatives à confirmer par une analyse BMP de votre lot : le potentiel réel dépend de la teneur en matière sèche, de la qualité de l'ensilage et de la conduite du digesteur. Demandez la fiche d'analyse au fournisseur.
Stockage et ensilage
La pulpe surpressée se conserve plusieurs mois par ensilage, à condition de respecter quelques règles :
- Tassement soigné pour chasser l'air et éviter les pertes par oxydation ;
- Bâchage hermétique avec une bâche adaptée et lestage continu ;
- front d'attaque géré pour limiter les reprises de fermentation ;
- gestion des jus d'écoulement.
Une bonne conservation préserve le potentiel méthanogène : une pulpe mal ensilée perd en matière organique et donc en production de gaz. Methappro propose les bâches et consommables nécessaires.
Incorporation dans la ration
La pulpe s'intègre dans une ration aux côtés d'effluents, de CIVE ou d'autres coproduits. Quelques points de vigilance :
- Montée en charge progressive : substrat très fermentescible, à introduire par paliers pour éviter l'acidification (chute de pH, accumulation d'AGV).
- Équilibre de la ration : associer à des substrats plus structurants/azotés pour un rapport C/N équilibré.
- Suivi du procédé : surveiller pH, AGV/TAC et production de biogaz lors des changements de ration.
Acheter de la pulpe de betterave : les bons réflexes
- Demandez l'analyse : matière sèche, matière organique et, idéalement, BMP du lot.
- Vérifiez la forme et la logistique : surpressée vs déshydratée, conditionnement (vrac, big bag), distance de transport (impact coût et bilan carbone).
- Anticipez la saison : l'offre est liée à la campagne sucrière ; sécurisez vos volumes pour l'année.
- Traçabilité : indispensable si vous êtes en démarche de durabilité — voir notre page conformité RED II.
Pulpe de betterave et bilan carbone
En tant que coproduit d'une industrie existante, la pulpe de betterave est un intrant cohérent avec les critères de durabilité. La traçabilité de l'origine, la maîtrise des distances de transport et la bonne conservation contribuent à un bilan GES favorable, un point clé pour les unités concernées par la directive RED II.
Methappro vous accompagne
Nous aidons les exploitants à sécuriser leurs approvisionnements en coproduits et biodéchets, pulpe de betterave incluse. Indiquez-nous vos volumes et votre localisation : nous recherchons les gisements adaptés. Consultez aussi notre guide son de blé et farine et notre FAQ méthanisation et coproduits.
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